Entre le loyer, les courses, les activités, les vêtements des enfants, les vacances, les imprévus… on peut facilement avoir l’impression que « s’enrichir », c’est réservé aux autres.
Est-ce qu’on peut réellement construire un patrimoine quand on a une vie ordinaire, des enfants, un salaire dans la moyenne, des dépenses… et aucune envie de se priver pendant vingt ans ?
La réponse courte est : OUI.
Mais probablement pas de la manière spectaculaire qu’on nous la vend parfois sur les réseaux sociaux.
Pour y avoir cru, mon expérience m’a finalement permis de développer une compétence majeure — que j’avais déjà bien travaillée en tant que mère de trois enfants en bas âge : la patience.
Mais déjà, « s’enrichir », ça veut dire quoi ?
Qu’on s’entende : la richesse, pour moi, ce n’est pas voyager en jet privé ou acheter des vêtements de luxe. C’est ne plus vivre dans la peur d’un imprévu. Avoir de l’épargne, investir régulièrement, construire un patrimoine pour moi mais aussi pour mes enfants.
C’est aussi pouvoir, un jour, faire certains choix professionnels : réduire mon activité ou même l’arrêter si je le souhaite.
Pour moi, l’argent est un moyen d’avoir davantage de chemins possibles. Pas une fin en soi.
Quand on fait partie de cette classe moyenne qui compte
Je fais partie de cette catégorie de familles que l’on classe dans la classe moyenne.
Celle qui compte. Celle qui est parfois frustrée. Celle qui a l’impression d’avoir des revenus corrects mais qui, malgré tout, peut avoir le sentiment de faire du sur-place.
Parce qu’il y a toujours ces fameuses dépenses qui nous tombent dessus.
Une panne de voiture. Le quatrième rendez-vous chez le médecin en un mois pour les enfants. Un mois de janvier après des fêtes de fin d’année moins bien budgétisées que prévu…
Et je sais ce que c’est de vouloir profiter avec ses enfants aujourd’hui tout en préparant demain.
Le changement qui a tout bouleversé pour moi
Pendant mes quinze premières années de vie professionnelle, mon fonctionnement était assez classique :
Je recevais mon salaire, je payais mes dépenses et j’épargnais ce qu’il restait.
Ou pas, parfois.
Puis j’ai commencé à considérer mon épargne comme une charge obligatoire, au même titre que mon loyer ou mes assurances.
En six mois, mon épargne avait doublé.
Et finalement, je n’avais mis en place que trois choses :
- faire un budget annuel pour anticiper les mois plus coûteux ;
- automatiser mon virement d’épargne dès le début du mois ;
- créer une épargne de précaution pour les vrais gros coups durs.
Je ne parle pas forcément de mettre 500 € de côté chaque mois.
Le premier objectif, c’est la régularité avant le montant.
Parce que le montant avec lequel on commence compte finalement moins que l’habitude que l’on installe.
S’enrichir, c’est aussi faire des choix
Je ne te dirai pas que c’est facile.
Il faut réfléchir à ce qui compte vraiment pour soi et, surtout, dans combien de temps on souhaite l’obtenir.
Avoir la maison de ses rêves ou sécuriser d’abord son patrimoine ? Voyager régulièrement ou mettre de côté pour remplacer sa voiture avant qu’elle nous lâche ? Maintenir son niveau de vie ou vivre un peu en dessous de ses moyens pour investir davantage ?
J’ai dû faire certains de ces choix.
Mais faire des arbitrages ne veut pas dire se priver en permanence.
Chez moi, quelque chose a beaucoup changé avec la création d’une enveloppe plaisir : une somme dédiée aux choses qui peuvent sembler non essentielles sur le papier, mais qui sont finalement importantes pour tenir dans la durée.
Depuis qu’elle existe, je n’ai plus l’impression de me forcer à « faire des économies ».
Préparer demain n’a pas besoin de nous empêcher de profiter d’aujourd’hui.
Et les enfants dans tout ça ?
J’ai pu penser, moi aussi, que les enfants étaient un frein à l’enrichissement.
Évidemment qu’ils augmentent les dépenses.
Mais ils ont également profondément modifié mon rapport à l’argent.
L’arrivée de mon troisième enfant m’a notamment poussée à réfléchir davantage à leur avenir : qu’est-ce que j’ai envie de leur laisser ? Comment pourrai-je leur donner un coup de pouce plus tard ? Et surtout, quelle éducation financière ai-je envie de leur transmettre ?
Finalement, mes enfants ont réduit certaines de mes marges financières, mais ils ont aussi renforcé mon envie d’en créer de nouvelles.
Et aujourd’hui ?
Aujourd’hui, j’ai une épargne de sécurité pour les gros coups durs et une épargne de provision pour les dépenses plus courantes : réparation de voiture, lave-linge à remplacer…
Je place également de l’argent sur des supports plus dynamiques, notamment mon PEA, tout en épargnant pour d’autres projets de vie : voiture, formation, vacances…
Tout n’est pas parfait.
Quand je dois utiliser mon épargne de provision, ça m’agace encore… alors même que cet argent est précisément là pour ça !
Il m’arrive aussi de sous-estimer certains budgets : anniversaires, rentrée scolaire, Noël…
Bref, nul n’est parfait.
Mais j’avance.
Et je sais aujourd’hui que je suis sur le chemin qui me permettra, petit à petit, de construire la vie que j’ai envie de mener.
Et toi, à quoi ressemble ta richesse ?
Alors, peut-on s’enrichir avec une vie de famille « normale » ?
Je crois profondément que oui.
Pas forcément vite. Pas sans faire de choix. Pas sans imprévus. Et certainement pas en mettant sa vie entre parenthèses pendant vingt ans.
Mais un choix après l’autre, une épargne après l’autre, un investissement après l’autre.
Et toi, qu’est-ce que « s’enrichir » voudrait réellement dire dans ta vie de rêve ?


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